Coucou, les revoilou… Faut-il s’en réjouir?

Les élections cantonales ont livré leur verdict. Comme souvent, l’interprétation des résultats fait appel à la métaphore du verre à moitié plein ou vide. Grâce au SAEN, l’école a été présente dans la campagne. Reste à observer si les bonnes intentions affichées se concrétisent… et ce n’est pas sûr!

Nous le pressentions, l’intention affichée dès l’automne par le gouvernement de poursuivre ensemble a privé l’élection du Conseil d’État de son enjeu. Mais le résultat livré par les urnes doit tout de même sonner comme un avertissement pour notre ministre de l’éducation et ses collègues. S’ils ne doutent pas de ses bonnes intentions, les enseignants de notre canton ne se satisfont plus de beaux discours, encore moins d’un double langage, selon que Mme Maire-Hefti s’adresse à eux, aux parents ou aux députés!

Nudus est REX!

Les résultats à peine connus qu’une première alerte a résonné. Dans le cadre de l’abandon de la période de formation générale au cycle 2, le SEO a publié des directives intégrant le REX à l’horaire bloc en 5e et 6e années, y soumettant ainsi la classe entière! Selon lui, même si cette période se déroule en effectif complet, elle peut être consacrée à des tâches différenciées. Pour atténuer l’impact de la directive, il suggère aux cercles de puiser dans leur enveloppe de soutien pédagogique pour permettre un co-enseignement ou un dédoublement en sous-groupes… Peut-être, mais d’une part, dans ces degrés, cela signifie qu’il n’y a plus de REX et, d’autre part, la solution suggérée aux cercles renforcera encore les différences de traitement selon les ressources des communes! Cette faute stratégique illustre la méconnaissance du terrain de nos chefs. Il ne se passe pas de jour sans que l’on évoque la situation douloureuse d’élèves en décrochage. Depuis la suppression des classes de transition, le parcage sur une voie de garage guette de plus en plus d’élèves abordant seulement l’école secondaire. Dans ce contexte, il était sans doute difficile de prendre pire décision que de priver les enseignants du premier demi-cycle 2 de leur seule occasion de travailler en effectif réduit!

Punition?

Paradoxalement, dans les salles des maîtres, des collègues se sentent coupables vis-à-vis de leurs élèves. La correction d’une injustice les touchant se ferait-elle au prix de l’abandon du REX? Le DEF affirme bien sûr qu’il n’en est rien, que le retrait d’une leçon à l’horaire hebdomadaire des élèves était à l’étude avant que les enseignants se mettent en grève... Toutefois, au moment où le département s’apprête à prendre des mesures pour combattre l’épuisement professionnel des enseignants, il ne trouve rien à redire à une mesure qui les place excessivement sous pression.

Long terme?

Le gouvernement a souhaité travailler sur le long terme, du moins sur une double législature. Pourtant, tout semble indiquer que la valeur cardinale qu’il compte défendre se résume à la fameuse formule: «faire davantage avec moins de moyens»! Or, les économies d’aujourd’hui se paieront cher demain. Hélas, la vision sur le long terme des politiciens n’excède pas la durée de leur fonction. Si même les degrés initiaux de la scolarité sont visés par la recherche d’économies, quel destin attend les jeunes souhaitant acquérir une formation de qualité après leur scolarité obligatoire? •

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