Cent-soixante ans de syndicalisme pédagogique

Début octobre 2016, la Société pédagogique vaudoise soufflera ses cent-soixante bougies. Une association professionnelle dotée d’une longue histoire pétrie de rencontres humaines et d’un collectif qui a su traverser le temps avec un seul objectif: améliorer encore et toujours l’école vaudoise.   

«Son but premier est l’amélioration de l’école, tant dans son fonctionnement, ses méthodes et ses outils pédagogiques, que dans le traitement de ses instituteurs en général. Les résistances des autorités de tutelle, les difficultés rencontrées et les divers blocages institutionnels et politiques la conduiront progressivement à s’engager sur la voie d’un syndicalisme plus affirmé.»*

Cette citation, datant de la création de la SPV et provenant de l’ouvrage publié à l’occasion de ses 150 ans, épouse à merveille les fondements de la Société. Dès sa création, elle a dû unir ses forces sur deux axes: syndicalisme et pédagogie.

À maintes reprises, les instances de la SPV se sont interrogées sur ces deux aspects. Doit-elle traiter prioritairement les aspects pédagogiques ou syndicaux? Ce questionnement a d’ailleurs également été celui de la revue de notre faîtière romande, l’Educateur, durant ses 150 ans d’histoire. C’est d’ailleurs pour cette raison que le journal du SER a vécu plusieurs formats tant la tension entre pédagogie et syndicalisme a été vigoureuse**. Durant l’assemblée des délégués de 2013, la SPV s’était intéressée à ce champ de tension. Les membres présents avaient répondu à un questionnaire pour connaître l’orientation à privilégier. À l’image de cette tension, 50% des membres s’étaient exprimés pour une SPV pédagogique et l’autre moitié pour une SPV… syndicale. Le message était clair: continuer à défendre une école vaudoise qui intègre les questions pédagogiques de l’école vaudoise portées par des enseignant-e-s ayant d’excellentes conditions statutaires.

Depuis des décennies, cette pesée d’intérêts a toujours compté lors des décisions prises démocratiquement. C’est en outre cette organisation de l’association, mettant en avant les rencontres et les discussions, qui permet de conserver cette vision systémique du fonctionnement de l’école. Par ailleurs, l’organisation même de la SPV d’aujourd’hui illustre la volonté de conserver ses champs d’action avec un comité cantonal quasi-professionnel qui met en place la politique tout en respectant l’équilibre pédago-syndical. De plus, les deux permanents mettent en valeur ce double choix ancré depuis des dizaines d’années: un secrétaire général qui accompagne les membres lorsqu’ils rencontrent des difficultés et un président qui s’occupe des dossiers pédagogiques.

Pour conclure, retour sur une citation de 1862 qui illustre parfaitement les raisons d’être de notre association et l’importance d’y adhérer. «Depuis longtemps les instituteurs vaudois sentent le besoin de resserrer les liens qui doivent unir des personnes travaillant dans un même but, d’avoir à leur disposition des moyens plus efficaces pour continuer leur développement, étendre le cercle de leurs connaissances et se tenir au courant des progrès réalisés journellement dans les sciences et les méthodes.» (p. 28) •

 

* Peter, N et al. (2006). La Société pédagogique vaudoise: 1856-2006: histoire & perspectives. Le Mont-sur- Lausanne: LEP. pp. 27-28. Ce livre peut être commandé à info@spv-vd.ch.

** Palandella, L. (2015) «150 ans de houle». In G. Durand et al. (Ed.), Les bâtisseurs de l’école romande. 150 ans du Syndicat des Enseignants romands et de l’Educateur (p. 119). Genève: Georg.

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