Caisse de prévoyance - Mobilisation, acte 1

Près de six-cents employé-e-s de l’État de Fribourg ont répondu à l’invitation des associations professionnelles et des syndicats le 29 janvier à Givisiez. Une salle comble pour exprimer un fort mécontentement, débattre sur les revendications à porter et décider de la suite de la mobilisation. 

La mise en consultation par le Conseil d’État fin novembre 2018 du projet de modification de la loi sur la Caisse de prévoyance du personnel de l’État a provoqué un tollé. Les trois variantes proposées sont tout simplement inacceptables. À la veille de rencontres pour des négociations avec la délégation du Conseil d’État pour les questions de personnel, il fallait donner un signal fort. Les constats sont sans appel: la proposition de révision constitue une péjoration sans précédent des conditions de retraite du personnel, elle reporte la possibilité d’une retraite anticipée sans pertes de 60 à 64 ans et la répartition des sacrifices est totalement disproportionnée. 

Le Conseil d’État doit impérativement négocier une amélioration des propositions actuelles avec les partenaires sociaux. Le nouveau projet doit notamment respecter une répartition des efforts selon la répartition actuelle de la cotisation (58% employeur/42% employé), proposer une variante prévoyant une augmentation de la cotisation du personnel et de l’État-employeur et envisager une solution avec le maintien de la primauté des prestations. De plus, il y a trois incontournables que le Conseil d’État doit inclure dans une discussion globale des conditions de prise de la retraite. Tout d’abord, l’avance AVS. Restera-t-elle après 2021? Des velléités de la supprimer existent. Cette avance fait partie intégrale du revenu lors de la prise d’une retraite anticipée. Si cet apport devait être supprimé, que le Conseil d’État nous dise tout de suite que la retraite anticipée n’est plus possible et que tout le monde travaillera jusqu’à 65 respectivement 64 ans. Ensuite, qu’en estil des agents de la force publique qui doivent prendre leur retraite à 60 ans? On les oblige à partir, ils perdent beaucoup d’argent… mais c’est comme ça? Non, le Conseil d’État doit proposer des solutions, car il n’est pas acceptable de sacrifier un secteur de la fonction publique en attendant d’éventuelles décisions prises plus tard. Enfin, la pénibilité de certaines professions doit être prise en compte dans le débat. Comment peut-on imaginer que certain-e-s collègues ayant une profession à haute pénibilité doivent encore retarder leur départ à la retraite? Il en va de la santé de nombreux collaborateurs et de nombreuses collaboratrices. Sans une discussion globale dépassant largement le cadre de la révision proposée, l’État prendra le risque d’être un employeur peu attrayant, pire que plusieurs entreprises du privé. 

Pour appuyer ces revendications, l’assemblée du personnel a décidé des mesures de lutte jusqu’à la fin de la consultation. Une manifestation a eu lieu le 20 février à 17h30 à la Place Python à Fribourg. Puis une nouvelle assemblée mercredi 27 février pour faire le point sur les négociations et trancher sur l’organisation d’une journée d’actions qui peut aller jusqu’à la grève, le 13 mars prochain. 

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