Après l’école, quelle suite?

En juin 2016, un hors-série de Numérus a consacré ses statistiques relatives à l’orientation des jeunes au terme de la scolarité obligatoire et des filières de transition. Ces chiffres montrent une photographie intéressante et devront être intégrés avec les données de la première volée LEO.

Intéressant est ce recueil de statistiques compilées dans ce Numérus (Statistiques Vaud). Le SER s’était déjà penché sur la problématique de la transition entre école et monde professionnel lors des Assises romandes de 2014. Durant cette manifestation, il était apparu que cette transition est souvent synonyme de galère pour les jeunes. La synthèse du Numérus ne contredit guère cette impression sur certains aspects. En effet, il ressort de la revue vaudoise qu’«en 2015, au sortir de la scolarité obligatoire, les jeunes ne sont que 20% à prévoir directement un apprentissage alors qu’ils étaient majoritaires en 1987» (p. 1). Lors de la dernière année scolaire, près de 44% sont allés au gymnase (31% pour l’école de maturité et 11% pour l’école de culture générale ou école de commerce); 7% vont en classe de raccordement, 20% à l’OPTI et près de 10% en solution d’attente. Élément rassurant, on constate également que les jeunes sans solution sont moins nombreux. En dix ans, le pourcentage d’élèves dans cette situation a diminué presque de moitié (2,1% à 1,2%). Sans surprise, ces élèves proviennent principalement de VSG et VSO. Si en vingt ans, le pourcentage de jeunes rentrant en formation professionnelle a diminué, celui du nombre d’élèves au gymnase a augmenté (de 32% à 44%). L’attrait pour ce dernier, qui semble moins cloisonné qu’il y a vingt ans, est donc bel et bien présent. Au chapitre des bonnes nouvelles, on note que moins de jeunes quittent l’école prématurément. L’objectif depuis quelques années est clair: accompagner les élèves jusqu’à l’obtention d’un certificat. Ces statistiques montrent également l’importance de faire des semaines de stage en fin de scolarité, car il est certain que ces dernières permettent aux élèves de mieux définir leurs projets. Mais il est primordial de trouver un raisonnable équilibre entre scolarité et stages afin de ne pas oublier l’importance des missions premières de l’école. Malgré tout, un point fait débat: le report des formations professionnelles. Selon Numérus, «les jeunes n’entament pas forcément leur apprentissage directement à la fin de la scolarité obligatoire, car des passerelles ou des mesures de transition s’intercalent dans leur parcours» (p. 4). Cette affirmation étonne, car on pourrait se demander si les passerelles n’existent pas justement parce que les élèves ne trouvent pas de place d’apprentissage. Par ailleurs, l’âge moyen des apprentis de première année est proche de 18 ans. De surcroît, les entreprises vaudoises semblent former moins d’apprentis que la moyenne suisse5. Qu’est-ce qui est apparu en premier: l’oeuf ou la poule? Ces chiffres présentent la dernière volée avant l’orientation des élèves sous le régime de la nouvelle loi scolaire. L’analyse des chiffres de septembre 2016 donnera également une première indication des incidences de la LEO relative à l’orientation. Au cours de cet examen, il faudra aussi intégrer la question de l’approche du monde professionnel.

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