Apprentissage des langues: ça roule!

Le 6 juillet dernier, le conseiller fédéral Alain Berset a annoncé la mise en consultation de trois variantes de lois fédérales susceptibles d’appuyer l’harmonisation de l’enseignement des langues, pour le cas où les cantons n’appliqueraient pas la stratégie qu’ils ont décidée en 2004.

Depuis plusieurs années, le SER, avec LCH, milite pour garantir l’enseignement de la deuxième langue nationale, avant l’apprentissage de l’anglais. Nous avons d’ailleurs reçu le prix du bilinguisme pour nos actions en 2015.

Les langues nationales doivent occuper dans toute la Suisse la place qui leur revient à l’école obligatoire. Le plurilinguisme est une caractéristique essentielle de la Suisse. La Constitution fédérale le souligne clairement en confiant un mandat étendu de politique linguistique à la Confédération et aux cantons, qui doivent veiller ensemble à la sauvegarde et à la promotion des langues nationales, ainsi qu’à la promotion de la compréhension entre les communautés linguistiques.

Il faut saluer cette courageuse intervention fédérale à l’heure où certains cantons suisses alémaniques remettent en cause la place de l’enseignement du français et les acquis de l’harmonisation largement soutenue par le peuple en 2006.

Avec HarmoS, la Confédération peut intervenir en cas de désaccord entre les cantons. Mais cette action touche de près aux prérogatives cantonales en matière d’éducation et l’action du Conseil fédéral risque de faire pas mal de mécontents.

Le SER s’est prononcé pour la troisième variante garantissant la place de la seconde langue nationale aussi bien à l’école primaire qu’au troisième cycle. Mais j’espère que cette intervention fédérale fera comprendre aux chefs des départements et aux parlementaires que l’harmonisation est lancée, pas seulement pour les langues, et que la freiner ou tenter de faire cavalier seul est très mal perçu par les associations professionnelles et les enseignants.

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