Accueillir, mais pas coûter!

25 septembre, une assemblée générale de l’ONU, avec plus de cent cinquante chefs d’Etat, adopte l’Agenda 2030. Un programme ambitieux qui augure d’un développement durable porteur d’avenir et vise ensemble lutte contre la pauvreté et protection de l’environnement. Un magnifique planning, à l’élaboration duquel la Suisse a activement participé et à la mise en œuvre  duquel on la souhaite tout aussi déterminée.

Véritable plan de développement durable mondial, cet Agenda comporte dix-sept objectifs dont le numéro 4: «Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie». Le SER et LCH ont saisi l’occasion de la Journée mondiale des enseignants pour insister par communiqué de presse sur cet important engagement mondial. C’est que ladite journée mettait aussi l’accent sur l’EDD. En axant sa campagne sur le slogan «Un personnel enseignant fort pour des sociétés durables», l’Internationale de l’Education affirmait sa foi dans un avenir pérenne auquel doit immanquablement participer l’éducation.

Nos deux associations en ont profité pour dire qu’une actualité brûlante faisait partie de ces résolutions prises: l’accueil des réfugiés. Nos régions, nos cantons, nos établissements ont une bonne expérience, plus ou moins étendue, de l’accueil des migrants. Certains ont même déployé des solutions et des modes d’organisation extraordinaires, voire géniaux. Le hic, c’est que rien ne peut se faire sans un minimum de moyens et de ressources. Or, dans la plupart des cantons, le rabot des restrictions budgétaires a mis, met et continue à mettre à mal l’école et son potentiel humain et matériel.

Vos associations l’ont martelé: les enseignantes et les enseignants ont besoin de soutien, de confiance et de financement pour faire face à la crise migratoire. La Suisse accueille des réfugiés, et ce sont les cantons qui sont en charge de l’école. Qui décide quoi et qui finance quoi? Quelle est la logique de rester obsédés par les économies à faire, quand il serait si intelligent de prendre en compte l’accroissement des problèmes humains pour mieux les résoudre et les dépasser?

La Confédération et les cantons doivent savoir une chose: économies sur l’école et accueil des réfugiés sont deux objectifs totalement incompatibles.

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