2017: année olympique!

Sitôt perçues les retenues salariales dues aux grèves de novembre, nos éminents politiciens ont repris leur insatiable quête d’économies, à laquelle l’éducation ne saurait se soustraire! Le programme d’assainissement — 100 millions de francs — se déploiera dès cette année et portera pleinement effet en 2020!

Ainsi, avant même les vacances d’hiver, nous avons appris que le DEF consultait tous azimuts pour élaborer ce plan d’économies à mettre en place dès la prochaine année scolaire. Tout le monde a été sondé… sauf les principaux concernés: les enseignants et, singulièrement, leurs représentants. Cela augurait mal des nouveaux partenariats souhaités publiquement par les parties pour sortir de la crise consécutive à l’introduction forcée de la nouvelle grille salariale. Comme les syndicats se sont offusqués du procédé, le DEF a convoqué au pied levé une rencontre le premier jour de la rentrée des classes… en exigeant la plus grande discrétion dans l’intervalle.

Un inventaire à la Prévert...

Une liste d’une vingtaine de mesures d’économies envisagées a ainsi été finalement présentée aux syndicats, une moitié concernant la scolarité obligatoire, l’autre le postobligatoire. Leur énumération n’a pas de sens tant qu’elles n’ont pas été discutées, ni leur pertinence et leur impact évalués. Certains ne veulent y voir qu’un hasard... Mais le parallélisme entre les concessions faites aux enseignants pour sortir des grèves et certaines des mesures prévues interroge. Le système éducatif le moins cher du pays est donc encore pressuré. Et, au point où on en est, certains semblent penser qu’on peut même aller au-delà…

Puisque tout est politique, occupons-nous aussi de politique!

Il semble que cela découle d’accords conclus entre les partis à l’occasion de l’adoption (inespérée) du budget 2017. La droite a ainsi mis un peu d’eau dans son vin en termes d’allégements fiscaux et s’est presque satisfaite du plan d’économies du Conseil d’État. Quant à la gauche, elle se félicite du maintien d’un minimum de prestations sociales... À l’approche des votations fédérales du 12 février consacrées notamment à la réforme de l’imposition des entreprises III (RIE III), dont il est abondamment question dans ce numéro, on voit déjà à quoi l’avenir ressemblera quand on aura offert de nouveaux abattements fiscaux aux personnes morales. Le fameux slogan «moins d’État» prôné par le parti radical démocratique (PRD) des années 80 n’est peut-être plus affiché ostensiblement, mais il guide manifestement la mise en place de la société du XXIe siècle que l’on nous prépare.

Le pouvoir est dans l’enveloppe

Il dépend de nous que 2017 soit une année confirmant et renforçant la destruction des valeurs de solidarité sociale ou celle du refus de cette dérive. Chacun d’entre nous dispose d’une arme redoutable: l’enveloppe de vote et son bulletin. Si l’on ne veut pas nourrir de regrets, il faut massivement aller aux urnes (ou leur équivalent) en deux moments-clé ces prochaines semaines: d’abord le 12 février pour refuser une RIE III qui étranglera les finances fédérales (et cantonales par cascade), imposant des baisses de prestations drastiques; ensuite à l’occasion des élections cantonales du 2 avril, que nous évoquerons dans les prochains numéros. Pour la défense du service public, 2017 est une année olympique. Ne ratons pas le rendez-vous!

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