Égalités!

Le pluriel est voulu. Il est issu de mon passage à la journée syndicale de nos collègues et amis neuchâtelois du SAEN le 1er novembre 2017. J’ai présenté le parcours réalisé dans le Jura qui se termine désormais par la mise en place des dernières évaluations de fonctions.

En préparant mon intervention pour cette journée, je me suis rendu compte que le processus jurassien qui a mené aux évaluations de fonctions dans l’administration, et surtout pour la première fois dans l’enseignement, a débuté en 2006, une année à peine après mon arrivée au secrétariat général du SEJ. Un long processus qui explique le pluriel à «égalités».

En 2006 donc, le Gouvernement jurassien a adopté le principe fondamental visant à ne connaître plus qu’un seul type de statut pour tous les employés de l’État, qu’ils soient de l’administration ou de l’enseignement. L’idée-force était ici de créer une situation mettant fin aux inégalités les plus évidentes constatées entre les deux.

Ainsi, pour aller dans le sens de cette égalité, la loi unique sur le personnel fut élaborée et mise en place en quelque quatre années de travaux. Tout n’est pas encore absolument égalitaire, les organisations horaires créant de fait des différences, mais l’on tend à respecter le postulat de départ. Et le SEJ, chaque fois qu’il peut, rappelle ce choix des autorités d’alors et d’aujourd’hui.

Après l’adoption de ce texte, il fallait aussi assurer l’égalité en matière de rémunération. C’est ainsi que les deux principales échelles de traitements, «G», pour l’administration, et «E» pour l’enseignement, ont été remplacées par une échelle unique «U» dès 2015. Une nouvelle égalité était ainsi mise en place, à savoir la même progression, le même nombre d’échelons, la même période d’attribution des annuités.

Restait pour être complet l’évaluation de l’ensemble des fonctions de l’État. Une démarche menée préalablement, puis en parallèle, de la création de l’échelle «U». C’est ici que l’égalité entre femmes et hommes intervient. Cette égalité fondamentale qui peine tant à se mettre en place, malgré l’obligation constitutionnelle qui veut qu’un salaire égal soit versé pour un travail égal.

En choisissant le système ABAKABA, conseillé et soutenu par le Bureau fédéral de l’Égalité (BFEG), et surtout en faisant en sorte de ne pas déroger aux principes essentiels de ce système, le Jura a mis en place une évaluation des fonctions exemplaire en regard de l’égalité des sexes. Une réussite saluée d’ailleurs par le BFEG lors d’une journée qui s’est tenue le 31 octobre dernier.

Mais la partie n’est jamais gagnée. Alors que l’on croyait que les choses avançaient, lentement mais sûrement, vers une réduction des inégalités dans notre pays, voilà que le 1er novembre le WEF publiait un rapport sur l’égalité des genres dans lequel la Suisse passait du 11e au 21e rang, avec à la clé une augmentation de l’inégalité salariale entre femmes et hommes!

Il ne faut donc jamais baisser la garde. Il faut empêcher que des idées rétrogrades persistent, comme de parler de professions plutôt féminines, pour les dévaloriser bien sûr. Une approche qui risquerait par exemple de toucher la fonction d’enseignant primaire, statistiquement occupée par davantage de femmes. Il faut aussi s’associer à tous les combats qui contestent les inégalités de salaires, comme le fait le SEJ en soutenant l’initiative cantonale d’UNIA sur ce thème. Une manière de rappeler que, déontologiquement, les enseignants oeuvrent pour davantage d’égalités, de toute nature.

 

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