À milliard, milliard et demi-mesures…

En début d’année, le titre flamboyait dans nos médias: «La Banque Nationale suisse a annoncé une performance record pour 2017»: 54,4 milliards, plus du double des 24,5 milliards affichés en 2016. Les mêmes médias annonçaient peu après que 2017 a aussi été une belle année pour la Confédération: au lieu du trou budgété de 250 millions..., ce sont près de 5 milliards d’excédents qui ont pu être comptabilisés. Que de richesses!

 

À peine le temps de se réjouir que l’Office fédéral de la statistique (OFS) a annoncé, début avril, que la Suisse compte plus de 600 000 pauvres, et que la tendance est à la hausse: 7,5% de la population était touchée par la pauvreté en 2016 contre 6,7% en 2014. Et notre pays compte quelque 140 000 «working poors».

On pourrait se dire qu’il y a là de quoi bien utiliser quelques-uns de ces milliards d’excédents inattendus... La Confédération ou plutôt le Conseil fédéral y a pensé! À la mi-avril, il a annoncé vouloir généreusement injecter... 2,5 millions de francs dans la prévention de la pauvreté ces cinq prochaines années, soit 500 000 francs par année. N’y a-t-il pas un problème? Il est d’autant plus flagrant quand on lit la raison qui pousse le Conseil fédéral à faire cette proposition: il tire en effet un bilan positif du programme national mis en place en 2014 et qui s’achèvera en décembre. Les mesures établies et la collaboration entre la Confédération, les cantons, les communes et les organisations concernés ont fait leurs preuves, estiment nos sept Sages. Ah bon? La pauvreté n’a-t-elle pourtant pas augmenté?

Les milliards sont là, les excuses pour ne pas aider plus concrètement nos concitoyens dans le besoin aussi. 

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