Visa refusé pour trois enseignantes tunisiennes invitées en Suisse

Invitées par le groupe de coordination du LIEN international d’Education Nouvelle, qui s’est réuni du 14 au 16 février 2014 à Genève - en vue notamment de préparer les prochaines rencontres internationales du LIEN - trois Tunisiennes se sont vu refuser un visa d’entrée dans notre pays par l'ambassade de Suisse en Tunisie. Une décision communiquée le lundi 10 février dernier, quelques heures seulement après qu’était tombé le résultat du vote acceptant l’initiative UDC contre l’immigration de masse, indique le site tunisien d’information en ligne Webdo (http://www.webdo.tn/2014/02/11/les-islamistes-sont-ils-alles-sevir-dautres-cieux/. Pourquoi ce refus soudain alors que Mounira, Heger et Jalila - membres fondatrices en 2011 d'une association tunisienne pour la promotion de nouvelles manières de concevoir l'éducation – sont déjà venues deux fois en Suisse sans problème?

Dans un communiqué publié sur la page d'accueil de son site (http://www.lelien.org), le groupe de coordination du LIEN déplore "ces faits qui empêchent une coopération internationale qui puise ses racines dans l’engagement de pédagogues du monde entier du début du vingtième siècle qui oeuvraient pour la construction d’un monde de paix." "Est-il possible de ne pas faire de connexion avec les vœux d’une certaine partie de nos populations de réduire comme une peau de chagrin les échanges entre pays et entre citoyens engagés dans la transformation pédagogique?", interroge-t-il. Le communiqué signale aussi quelques échos relevés dans les médias, notamment en France et au Luxembourg, qui tous font le rapprochement entre ce refus et le vote récent de la Suisse. On y trouve également le document de l'ambassade suisse de Tunisie concernant les pièces à fournir par les Tunisiens désirant obtenir un visa pour participer à une manifestation culturelle en Suisse: "C'est édifiant et scandaleux quand on pense qu'il y a deux ans tous les participants suisses aux rencontres de Mahdia en Tunisie étaient entrés sur simple présentation d'une carte d'identité ou passeport valable", souligne une membre du groupe de coordination.